Afin que le sourire dure... à toi Bassamat

 

بسمة   فابتسامة   فبسمات

هكذا وُلدتِ وسُمّيتِ

وهكذا أمضيتِ حياتك حتى النهاية.

بسمات كنتِ من المهدِ الى اللحدِ

كم أن اسمَكِ جميلٌ كم أنتِ جميلة!

جميلة ببسمتك الدائمة التي لم تفارقك

حتى في أحلك الظروف

لماذا سُمّيتِ بسمات ؟

أما كان حريٌّ بكِ أن تسمَي لطيفة ؟

نعمة ؟ رزان ؟ فرح ؟ عواطف ؟

بلى لأن كل هذه التسميات تليق بك

لكن أجملها كان اسمُك الذي كنت

تشعّينه بابتسامتك الدائمة الحلوة الهادئة

بسمات ذهبت الى حيث البسمة لن تفارقَك

فأنتِ الآن خالدة البسمة  أو بسمات الخلود

  

  ندى جميل أيوب

 

A Bassamat (« Sourires » en français)


Le dernier visage


Un éclat de lumière s’isole du rayon,
L’obscurité s’intensifie.

Une douleur se tait.
Des échos de sa tristesse résonnent en nous.
Plus de « sourires » au singulier
Pourquoi as-tu choisi de tout abréger ?

Le Printemps a emporté ses livres,
Il en a déversé l’encre dans nos larmes…

Et nous avons beaucoup pleuré !

Bonjour Bassamat !
C’est juste parce que le jour naît avec la lumière.
Bonsoir Bassamat !
Pour la première fois,
Juste pour une fois !
Le jour a pris fin,
Il a perdu la vue !

Nous nous réfugiions au « C.D.I »
Mais aujourd’hui nous ne voyons pas…
Comment pouvons-nous lire le matin
Que tu as trop tôt éliminé
Avant le cri du soleil ?
Le « C.D.I » n’est plus notre refuge…

Des larmes débordent des yeux
De tes collègues
Pour elles tu étais une gerbe de générosité
Tu semais des sourires dans leur cœur…
Désormais nous ne passerons plus savourer
Un moment de sveltesse
Ni siroter une parole…

Nous étions ton foyer silencieux,
Tu étais notre hôte affable !

Nous connaissions les détails de ton être,
Tu étais l’autre langue que nous parlions,
Tu étais le dictionnaire que nous consultions,
Tu étais l’arbre qui nous donnait de l’ombre.

Nous avons évité ta douleur.
Avec dignité tu as fait face à ton destin,
Tu l’as croisé,
Tu l’as séduit !

Mais quelle femme étais-tu ?
Mais quel être humain étais-tu ?

Peut-on supporter ta perte
Aussi simplement,
Aussi gratuitement,
Comme si tu étais puis… fus ?

Peut-on supporter l’« après-toi »
De cette façon…
Comme si le néant te succédait et restait néant ?
Peut-on supporter ta mort ?
J’ai tant insulté la mort
Cette fois-ci, je l’insulterai encore plus
P… de b… de m…

Tu as effacé le sourire des lèvres.
Pouvez-vous vivre sans sourires ?
Une certaine obscurité s’installe.
Nous regardons autour de nous
Incrédules…
Inconsolables…



Nasri Sayegh
Traduit par Fadi Hawa
 

الوجه الأخير


ضوء يعتزل الشعاع
عتمة إضافية
وجع يصمت، يدندن حزنه فينا
ولا بسمة مفردة بعد
فكيف اخترت الاختصار؟
الربيع أخذ كتبه
أفرغ حبرها في دموعنا...
ولكم بكينا

صباح الخير يا بسمات
فقط، لأنّ النهار يبدأ بالضوء
مساء الخير يا بسمات
لأوّل مرّة، وفقط لأوّل مرّة
انتهى نهارنا
فقد النهار بصره
نؤوب إلى المكتبة فلا نرى...
فكيف نقرأ صباحك وقد حذفته باكرا
قبل صياح الشمس
لم تعد المكتبة مكان إقامتنا
ثمة دموع تنسحب من عيونهنّ
زميلاتك اللواتي عرفنك، باقة عطاء،
تتوزّع ابتسامات في القلب
لم نعد نميّل لاحتساء لحظة رشيقة،
أو نترشف حرفا.

كنا بيتك الصامت
وكنت
يا صاحبة الوذّ
مقيمة عندنا
حفظناك كرج الماء
عرفناك لغة تضاف إلى لغتنا،
قاموسا نتفيأ معانيه،
امرأة وكأنّها وارفة الظلال.
تحاشينا وجعك،
بكبر تعاملت مع مصيرك
عرفته وصادقته.
أي امرأة كنت؟
أيّ إنسان أنت؟

أيحتمل أن نفقدك؟
هكذا،
هكذا، كأنّه أمر مجّاني،
كأنّك كنت ثمّ لم تكوني؟
أيحتمل ما بعدك؟
هكذا،
هكذا، كأنّ الفراغ يرثك ولا يمتلىء
أيحتمل موتك؟
شتمتُ الموت مرارا
هذه المرّة، سأشتمه أكثر:
أيها ال...
لقد أخذت بسمتنا جميعا،
أتستطيعون العيش من دون بسمات ؟
ثمّة عتمة جاءت
نرى ما حولنا بصدمة وغصّة.

نصري الصايغ


Nous partirons l’un après l’autre, et ceux qui restent porteront la mémoire de ceux qui ont disparu.

Ce matin du 12 juin, nous nous sommes brutalement retrouvés vêtus de noir, le cœur tout blanc et les yeux noyés de larmes…

Hier, ce fut Hala Jarrah, la grande dame, l’éducatrice de nos enfants, l’amie fidèle.

Aujourd’hui, c’est toi Bassamat.

Nous nous sommes rendus dans ton jardin. Il pleuvait des fleurs rouge carmin – le sol en était couvert. Ces fleurs tombaient en silence tel ton départ sur la pointe des pieds.

Tu es partie en silence, de l’autre côté…

Oui, Bassamat, cette fois-ci nous regarderons les livres achetés tout neufs en ne pensant qu’à toi. Livres de littérature, magazines, livres d’art et ouvrages divers sur des créateurs tels que Basquiat, mort jeune comme toi…

Tu semblais si pressée de les acheter et là, nous avons compris…

Oui, nous avons compris quand nous n’avons plus le droit de ne plus comprendre alors que nous refusons d’admettre que tu n’es plus.

Tu ne seras plus là pour nous écouter, pour nous supporter, pour sourire aux lèvres, pour les aimer vraiment, sincèrement, sans étalage et toujours dans la pudeur et la dignité. 

De tous ceux qui t’ont aimé

Un sourire


Une chaleur


Une générosité


Une luminosité


Un don du cœur


Une présence


Une disponibilité


Une sérénité


Un sourire


     Des sourires

             Bassamat

        Tout simplement

Pavla Riga


Quelques photos...
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